Extravagantes affabulations pour les petits mais pour les grands
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lundi 22 mars 2021
Mon Oncle, l'Ogre (Un conte de Mademoiselle Nahia)
samedi 6 mars 2021
Imagine les aventures d'un pirate sur une ile maudite (un conte de Mademoiselle Nahia)
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La soif de pouvoir (Un conte de Mademoiselle Nahia)
lundi 1 février 2021
Rémi Lamer (Un conte de Mademoiselle Nahia)
samedi 2 janvier 2021
Derrière la fable, trouver la fontaine
J'ai toujours pensé qu'il y avait autre chose à comprendre des fables de La Fontaine, et par voie de conséquence du travail d'Esope en amont que ce que leur première lecture pouvait nous laisser comprendre.
Rarement morales auront pourtant été aussi limpides.
Tiens, prenons La cigale et la fourmi.
Le message est clair. L'oisiveté est souvent mère de nombreux maux. La cigale est dépensière, vit dans l'instant présent pendant que la fourni, travailleuse, est organisée, voit loin et ne se retrouve pas dans le besoin. Le message est même teinté d'une "critique" acerbe de la fourmi qui serait égoïste, qui ne serait pas "prêteuse"... Pingre, radine, peu prompte à aider son prochain dans le besoin.
Oui mais voilà, pour moi la cigale, en filigrane, c'est aussi "yo soy", c'est le culte de la personnalité, c'est le chemin de celle ou de celui qui s'écoute, se mire, se respire, celle qui se pense à tort connectée au "tout" lorsqu'elle chante et pousse ses incantations vers le ciel.
Illusoire. les apparences sont trompeuses. Méfions-nous des premières impressions.
La Fourmi semble à première vue être celle qui vit dans la détermination, dans une absence à la vérité dernière, prisonnière d'une matérialité sclérosante pendant qu'on imagine la cigale comme aspirant à découvrir des mondes célestes, cachés.
Et bien non, c'est tout le contraire, je m'explique.
Ce que peut raconter la fable en filigrane c'est justement que la fourmi par son sens inné du sacrifice pour le collectif, par sa capacité à gommer l'égo, la recherche individuelle d'un bonheur terrestre, est précisément celle qui a "tout compris". Mais elle n'est pas "prêteuse", au sens de ce qu'elle ne livre pas facilement son secret, son intime connaissance des fins dernières... Car l'hiver qui est venu, c'est aussi le soir de la vie naturellement... La cigale s'aperçoit qu'elle s'est perdue en chemin et qu'elle a perdu de vue l'essentiel, le sens de ce qu'elle faisait ici bas. Elle voudrait que la Fourmi lui révèle ce secret mais la fourmi laisse entendre que pour comprendre il faut être une fourmi, il faut s'effacer au sein du groupe, être dans le rôle qui nous est dévolu, dans l'instant présent de touts les instants, alors on peut savoir, alors on sait. On n'est pas prêteur de ce qui doit se vivre pour être ressenti, compris.
Si je me penche sur le lièvre et la tortue c'est la même chose : l'enseignement à première vue est limpide, il concerne le fait de ne pas remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui, à combattre la procrastination, à éviter de faire les choses dans la précipitation, souvent mauvaise conseillère. Soit...
Mais Le Lièvre c'est tout aussi bien le capitalisme et sa recherche folle de résultats et d'une efficacité pour maintenant, tout de suite... Le chiffre le chiffre, le chiffre. C'est l'accélération des échanges (courrier puis téléphone puis fax puis mail...) sa dématérialisation dans notre société du tout numérique, du tout et tout de suite. Tendance s'opposant à la méthodique et lente progression de la Tortue qui reste ancrée, qui ne perd de vue ni son objectif ni ses repères (sa maison en permanence sur son dos).
Allons plus loin : Le lièvre c'est le symbole vivant de cette société de consommation et du spectacle prophétisée par Guy Debord. La lièvre cherche la lumière, les louanges, se concentre sur sa propre trajectoire sous les projecteurs et sur les écrans du monde qui l'a façonné... Son image avant tout. C'est ainsi qu'il finit par se perdre, s'oublier, se noyer.... La tortue elle n'est pas sensible à ce chant des sirènes, elle se contente de ce qu'elle a, une petite maison, de quoi vivre, elle apprécie chaque pas effectué, elle se réalise dans l'écoulement de chaque seconde, elle se réalise pleinement dans l'instant présent. Sans se projeter, sans se retourner, sans anticiper. A chaque pas suffit sa peine. Elle dit mieux que quiconque les vertus du Carpe Diem qui révèle à son disciple le vrai sens de la vie. Du moment présent.
Quid du Corbeau et du Renard : L'égo toujours l'égo... Qui offre au manipulateur, à l'être intéressé les moyens de tromper l'autre, de s'élever socialement en flattant son ego. Mettez l'ego de côté et vous revivrez. L'égo c'est la propriété, c'est aussi paradoxalement ce bout de fromage sur lequel lorgnent les envieux. La fable ne dit pas autre chose : lâchez ce fromage (la notoriété, l'argent, l'entregent), descendez de cet arbre (situation sociale enviable), redescendez sur terre redevenez vous-même c'est à dire un être vivant sans vous laisser guider / dévorer par son ego et vous ne vivrez jamais de désillusions. Vous vivrez vraiment.
On pourrait faire de même pour le Chène et le Roseau : Evidemment plus vous êtes arrivé "haut" socialement, plus la chute est rude. Les déconvenues sont plus violentes pour les grands de ce monde quand tout s'arrête brutalement. Mais j'ai toujours vu cette fable comme la métaphore de l'expert et de l'apprenti. Les certitudes face à la capacité permanente d'émerveillement et d'apprentissage. De remise en question aussi. La souplesse du roseau c'est de ne pas se prendre pour ce qu'il n'est pas. Personne n'est expert, personne ne devrait le devenir. Amateur oui (d'art), passionné oui, mais expert jamais ! C'est sur ces chemins là qu'on se calcifié, qu'on se sclérose, que la première tempête nous emporte.
lundi 28 décembre 2020
Le jeu de la tartine grillée
Josy est économe de ses mots, elle observe en souffrance. Tout semble fragile, à l'intérieur et ne jamais vouloir en sortir. Raison pour laquelle Josy ne mange pas, ne mange rien. Déjà trop de choses coincées dedans, de noeuds gordiens, pour accueillir quoi que ce soit de nouveau. De nourrissant. Elle est anorexique comme on dit. Elle se nourrit sans le savoir de cette douleur muette, enfouie. Au grand désarroi de son père qui cherche la parade. Mais la cherche en vain.
Un matin, il revient dans la cuisine après avoir préparé la tenue de Josy et constate que la tartine et sa fine couche de beurre fondu ont disparu. Ne reste près du bol que quelques miettes qui le mettent en joie. Il interroge, encore fébrile : "tu l'as mangé ma chérie ?". Fièrement, Josy acquiesce. Il est tout guilleret en la déposant à l'école. Josy est rayonnante, probablement heureuse de voir son papa si heureux.
Mais en rentrant ce matin-là, après avoir fait la vaisselle, nettoyé la plan de travail dans la cuisine silencieuse, papa retrouve la tartine, soigneusement cachée derrière la boîte de céréales. Sa conscience tranquille se fissure silencieusement.
Il pourrait mal le prendre, il pourrait mal le vivre, comme une défaite, pire, un affront, mais son tempérament prend le dessus, un sourire lumineux s'imprime sur son visage. Il vient de comprendre quelque chose : que pour sauver sa fille, il devra redevenir l'enfant qu'il a été lui aussi. Un compagnon de jeu bienveillant.
Le lendemain matin, il instaure une règle pour égayer leurs routines matinales. Papa fait griller une tartine, la beurre et Josy a le devoir de la cacher dans la cuisine pendant que lui va dans le salon pour compter jusqu'à 20. S'il la retrouve avant l'heure d'aller à l'école, il la dévore goulûment - malgré les conseils du médecin de famille l'encourageant à limiter les matières grasses.
A chaque matin, un nouvel exploit. Papa la retrouve à temps et Josy adore ce défi stimulant. Il gagne de jour en jour en célérité pendant qu'elle redouble d'imagination pour trouver des cachettes toujours plus sophistiquées. Mais papa est décidément trop fort.
Voilà qu'un matin, elle trouve enfin l'idée fulgurante, se laisse traverser par le projet fou qui lui permettra de gagner enfin une partie contre ce papa plein de ressources... Elle a alors ce geste irrationnel, sans retour, qui lui offrira elle en est sûre la victoire à tout jamais.
Josy cache délicatement la tartine... dans son ventre. Et c'est que ça lui plaît dis donc.
Miam de faim, euh... Miam de fin.
samedi 19 décembre 2020
A nos brebis égarées
Tout s'est déréglé comme ça. De façon invisible.
Parce que soudain l'ordre des choses fut rejeté par la majorité des brebis.
Les Pyrénées étaient devenu ce Pays étrange où le droit de chacun au bonheur avait désormais une égale importance, où la loi de l'un prévalait. Le nombre s'était étrangement exprimé pour ériger la liberté individuelle en valeur cardinale, pour émanciper (par la valorisation de chaque trajectoire individuelle de vie) le groupe des servitudes d'antan.
Cela débuta par l'abolition de l'exploitation mercantile. Longtemps les brebis avaient été protégées par des bergers pas toujours tendres. Le souvenir des morsures vives au jarret, des aboiements têtus, des coups de griffe parfois, s'étaient ancré profondément dans l'inconscient collectif.. Honnie cette lâcheté des hommes déléguant à leur plus fidèle ami les basses besognes. C'était l'amour vache, on aimait le rôle protecteur de ces hommes bourrus qui connaissaient mieux qui personne la montagne, qui aimaient leur travail et leurs animaux, mais on ne supportait pas cette déférence, ce regard par au-dessus, ce racisme à peine voilé, on détestait les coups, la tonte, le fromage, les méchouis, les agneaux de lait... carnage, carnage, on refusa de continuer à subir ce qui ne semblait une chose normale qu'aux brebis planquées (les domestiques, les chouchoutées, les engraissées, les affublées d'un petit nom mignon). Alors on s'organisa pour faire valoir les droits de chacune à une vie au grand air. Liberté pour chaque brebis ! Le droit des animaux venait d'être reconnu, réglementé. Une aubaine pour les rats de tribunaux. De juteux combats à venir. On se pourvut en justice et l'on fit le bonheur et les poches pleines d'avocats jamais aussi pressés d'être en première ligne pour ces combats qu'il mène "la main sur le coeur" pour la postérité, leurs propres mots...
Les brebis obtinrent d'exclure les bergers et leurs humains excès de la montagne, de les renvoyer à leurs chères villes (qu'il connaissaient si peu). A coup d'ordonnances et de décisions de justice, tout fut mené tambour battant, un jeu d'enfant. Et l'on forma une catégorie de brebis, les plus râleuses, celles qui raffolaient de la castagne, pour constituer une faction, sorte de garnison de "grandes soeurs", entraînée pour faire régner l'ordre, respecter les lois, en passant par le dialogue, la diplomatie avec toujours la menace de faire intervenir la justice. Après tout, qu'est-ce qui pouvait empêcher une brebis, agneau de dieu, de faire le boulot d'un berger ? Pour le dire autrement, est-ce qu'un berger pouvait "dépasser" une brebis ? C'était le "bon mot" qui se répandait comme une traînée de poudre chez ces animaux à laine derrière un rire un peu pincé. La gentrification des esprits, que voulez-vous ?
Chacun put ainsi vivre à nouveau en parfaite harmonie dans le plus grand respect de la nature, de soi et d'autrui. Plus de violence. Jamais. Du respect pour la planète et de l'amour, partout beaucoup d'amour. Et des lois et des juges pour en huiler les rouages ! On avait arraché sa liberté, les brebis étaient désormais maîtresses de leur destin.
dimanche 4 octobre 2020
Les Azalées
Mohamed
vendredi 4 septembre 2020
Ramsuk Singh
Nimbuus 20
C'est l'histoire d'un robot drône, le Nimbuus 20 , qui vit dans un monde blanc et sans émotions. Il se déplace à loisir et tour...









